Avant de rendre ce livre à la bibliothèque, je voudrais le partager avec vous.

J'ai découvert Pierre Magnan grâce à un cousin, venu en vacances dans le Sud "sur les pas de l'écrivain". Je ne connaissais pas du tout cet auteur, bien que le titre "La maison assassinée" (prix RTL 1984) ne me soit pas inconnu.

Dans cette magnifique région de Haute-Provence, également décrite par Jean Giono, Félicien Brédannes est un herboriste heureux. Non seulement il nargue la médecine officielle sans pour autant s'en faire un ennemi, mais il vient d'acquérir un magnifique corbillard, qui, repeint, devrait lui permettre de mettre en valeur ses produits lors des prochaines foires de Haute-Provence. C'est dans ces rêveries au retour de Saint-Symphorien qu'il croise d'abord un convoi portant deux condamnés puis que son cheval l'attire vers un spectacle des plus déplaisants (je cite le résumé) :"C'était un alignement de cinq cadavres dans un ordre parfait. A égale distance les uns des autres, les orteils dressés vers le ciel, les paletots reboutonnés, même s'il était patent qu'ils eussent subi quelques désordres, les mains ouvertes dans le prolongement des bras collés au corps, les yeux fermés et tout comme au garde-à-vous."

Dès lors, entre foires, dîner mondain, chevauchées effrénées et rendez-vous galants, Bredannes va mener l'enquête à sa façon sur fond politique agité, car la défaite de Sedan toute proche attise les esprits et oppose républicains et bonapartistes.

Pierre Magnan nous invite à suivre cet homme avec un vocabulaire recherché, une syntaxe envoûtante et une intrigue déroutante. J'ai beaucoup aimé la complexité de l'histoire, le lien entre histoire locale et narration historique et la diversité des situations dans lesquelles Bredannes doit faire preuve de ruse, de courage et d'intelligence.

Bonne lecture.